mercredi 30 août 2023

St Crepin Samedi et Dimanche : douche froide



Comme on dit en maison de retraite : « ne faisons rien, mais faisons-le tôt ». Aujourd’hui c’est bâché mais faut se lever tôt pour démonter ! Effectivement, il est prévu que des seaux d’eau nous tombent dessus vers midi. Un peu vaseuse par la soirée de la veille et las d’une très grosse semaine, l’équipe s’affaire autour des machines avec une veulerie inhabituelle. Ça démonte doucement mais sûrement les 4 machines. Ça papote pas mal aussi…
Mais bon, hormis quelques légères gouttes, on arrive à démonter les 4 planeurs au sec avant midi. Ça tombe bien, pendant ce temps, on vient de démonter la tête d’Amont. A moins que ce soit de la pluie.

La tête dans le planeur, variation de la tête dans le cul

Il est temps d’aller s’occuper de ranger les remorques découvertes à l'abri. Juste à temps ! On se prend une saucée de tous les diables à la dernière remorque. Sauvés. Enfin les planeurs, parce que les personnes qui ont rangé sont plus mouillées que s’ils avaient sauté dans une piscine.
On se change et on va manger. Mais qu’est-ce qu’il se passe? il ne pleut plus mais on a un vent du nord et on a perdu 15°C ! Va falloir mettre les pulls.
Après le repas -avec du vin même un midi- il est temps de démonter la grande tente et de ranger. Il est aussi temps de faire un peu de paperasse, notamment pour Bastien qui a passé son test d’entrée en stage instructeur.
Bastien et Sandra ont décidé de partir dès le samedi avec le NC. On leur souhaite donc bonne route
Il reste quelques scènes à tourner, un peu de montage et puis c’est l’attente fébrile de l’apéro du soir, dans le chalet, avec Micro et les Bacon en invités.




Un petit verre de punch, un bout de pizza et au lit ! demain on a un sacré but fixé de 550 bornes !

Le dimanche le départ se fait en ordre dispersé mais sous une pluie battante assez impressionnante, comme si dame nature voulait se rattraper de la semaine. Franck, Aimeric et Joseph partent en premier direction St Rémy pour rendre le BY. Ensuite c’est Hervé et André qui partent avec le ND et la remorque bâchée. Et enfin je pars avec ma mère et les enfants, engoncés dans la myriade de valises et de sacs amoncelés dans la trop petite citadine.


Je ne sais pas comment fait Olivier pour rendre palpitant le vide existentiel que représente le convoyage d’un planeur. Qui plus est le convoyage retour. Certes, des fois, il y a des rebondissements : des roulements qui lâchent, des sapinettes qui prennent feu, des crevaisons impromptues, des dépannages dantesques ou des détours aventureux. Mais là, Luc ne tire pas de remorque. Comment rendre attrayant ce retour ? Autant, pour l’aller, on peut être plein d’enthousiasme, prêt à en découdre. Alors que pour le retour on a qu’une seule idée en tête : rentrer chez soi. Les détours ne sont plus de merveilleuses aventures mais des pertes de temps inutiles. Les autres automobilistes ne sont plus que des gros cons qui font chier à rouler à 95. La météo est forcément grise (bon là, on a été servi). La bouffe du midi est forcément insipide, les enfants râllent plus fort, la voiture va moins vite, consomme plus et les péages ont l’air plus cher. Monde de merde…
On pourrait demander le support de Jacques Villeneuve pour commenter cette course infernale vers la Montagne Noire : le choix des pneus, gomme dure ou tendre ? A partir de quand mettre les intermédiaires ? On pourrait parler stratégie d’équipe et des erreurs commises « au puit » pendant les ravitaillements des machines et pilotes. Mais bon au final venons-en aux faits : 
« L’équipe VT » arrive en premier à la Montagne Noire, vers 16h05, précédé de peu par Bastien en Sandra en provenance de Toulouse.
« L’équipe ND » arrive ensuite vers 16h30.
On peut commencer à monter les machines.
Quant à « l’équipe St Rémy », elle arrive vers 17h50 après avoir remonté le BY sur place avec l’aide de membres de St Rémy (merci à eux !). On leur a laissé quelques morceaux de ND à soulever, rassurez-vous.



C’est au final vers 18h30 que toute la manutention est terminée : machines montées, matériel rangé (on y a pensé cette année…), remorques rangées. Il est temps de rentrer chez soi la tête encore à 4000, plein de rêves. Demain, au boulot ! En plus on n’aura plus d’oxy pour bien bosser…

C’est le moment de faire le bilan (calmement en s'remémorant chaque instant) d’une semaine bien chargée. 


St Crépin 2023 c’est : 
125h de vol à 4 planeurs en 7 jours.
On est monté chaque journée de vol à plus de 4000m (merci l’oxy prêté par le club et François RC, et merci Jean-Marie pour la recharge).
On a fait des circuits de dingues, tous les jours dans les 200km, à des moyennes autour de 100 km/h en K13.
Le Peyron n’a pas déçu cette année, c’est à noter !
On a été tournée dans le Queyras, le Mordor du vol à voile, et on en est revenu (même très vite)
On a été tournée le Pic de Bure, 2 fois, et on en est revenu (même très vite)
On est descendu jusqu’à Puimoisson, et on en est revenu (même très vite)
La voix royale a de moins en moins de secret (bon, avec 4000 de plaf)
Zéro vache ! Même Hervé a résisté à la tentation de Seyne !
Une très bonne ambiance dans le groupe et avec les autres équipes
Des supers soirées, entre nous ou en commun.
Un très bon film et l’émergence d’une nouvelle star du cinéma : Franck Rempault.
Une participation internationale au film de l’année avec les Allemands en guest stars.
Un catering de folie grâce aux cuistots et intendants Alain et Jacky qui ont largement œuvré pour des repas d’une rare qualité
Un test d’entrée de stage instructeur pou Bastien (merci Bada)
Un stage instructeur presque finalisé pour Luc, il ne manque que le test final
Une seconde place pour le VT. Bon, en suivant le LS, mais faut le suivre ! Je vous assure c’est pas facile-facile !
Une chorégraphie sur la musique de Barbie qui je suis sûr enflammera la toile.
Et surtout une marmotte empaillée !




Bref, le cru 2023 était de loin le meilleur concernant la météo, chaque journée étant la meilleure que j’ai jamais eu en 18 participations. Pour le reste, même si on déplore toujours certains absents qui nous manquent – Chewb revient !! – on s’est vraiment bien amusé. 

Merci à VVMN pour le prêt des k13 NC et ND et à ceux qui on fait en sorte que les machines soient opérationnelles pour la semaine
Merci à St Remy pour le prêt du BY (ça a été dur de le rendre il vole vraiment très bien)
Merci à l’Amiral, notre fidèle dépanneur et pourvoyeur en rhum
Merci à toute l’équipe de St Crépin pour l’organisation de cette super semaine. Bada, La Miche, Micro, l’Amiral, Phiphi et tous les autres
Merci aux cuistot de la semaine Alain et Jacky
Merci à Seb et Lionel pour avoir supporté les boulets de la montagne noire derrière eux
Merci plus généralement à tous les participants qui nous supportent tous les ans

A l’année prochaine,
La Black Mountain team rend l’antenne.




mardi 29 août 2023

St Crépin Vendredi - On change de rédacteur


Vous avez remarqué ? il n’y a pas eu d’autres articles pour la fin de la rencontre K13 ? comment se fait-ce? Et bien notre rédacteur en chef de la rencontre a dû couvrir un autre sujet.
Mais pas de soucis, la rédaction a dépêché un nouveau reporter sur les lieux, il est juste un peu moins vif à la rédaction. Donc Olivier passe la plume à Julien pour cette fin de stage.

Je reprends l’histoire ou elle s’arrête : Jeudi soir, 21h17.


Il reste encore un peu d’apéro, l’équipe de la Black Mountain se tire la bourre pour savoir quel cocktail sera fini en premier, qui de la cocotski, du punch normal ou du fruit rouge partira en premier. 

Les compétiteurs qui jaugent à la louche

Et bien vous savez quoi, j’ai oublié, car il a fallu rapidement passer à l’entrée : le fameux taboulé d’Alain et des tomates mozza. On rationne un peu, il n’y a pas tant que ça.
Rapidement on enchaine sur les côtes du Rhône et de porc marinées, les saucisses, les pommes de terre et la crème ciboulette. Les 110 convives sautent sur les victuailles comme la vérole sur le bas clergé.

Une fois rassasiés, ils sont prêts à apprécier le nouveau film Black Mountain Production : Bon Baiser de St Crépin. Le film n’est pas totalement fini mais largement diffusable. On ne va pas vous spoiler le film qui sera bientôt disponible sur YouTube, mais si vous avez vu les Barbouzes, La Chèvre, Le Grand Blond avec une chaussure noire, OSS117, Top Gun et quelques vieux James Bond, vous allez vous en sortir !


On passe aussi les images tournées le matin pendant le briefing et le magnifique alignement de k13



c'est bizarre quand les vélivoles se resserrent, ça fait une forme suggestive...

Pour faire plaisir aux enfants, on repasse le film de 2015. Renversant, ce n’est pas Agathe qui dira le contraire.

23h30, la pêche melba est engloutie, on monte le son pour danser un peu sur l’estrade et réviser la chorégraphie de Dance The Night de Dua Lipa. Oui, c’est la chanson de Barbie, si vous ne l’avez pas encore en tête, ça va venir….
2h, il est temps de ranger les lieux, ça vole demain !
2h38, Fayence n’est toujours pas réveillé. Bonne nuit….


Ddddrrrrrrrriiiiiiiinnnng. 9h15. Il faut se dépêcher d’aller mettre en piste si on veut décoller pas tard. Heureusement Seb a pris la liberté de mettre en piste le VT à coté du LS. C’est super gentil.
Retour à la tente, tiens, une tête connue ! Frédo est venu nous faire un petit coucou pour la journée et faire un tour avec Seb Revolat en LS. On ne va pas dire pour l’aider à remonter au classement : il est déjà premier !
Briefing à 11h. Aujourd’hui la météo est « standard » selon Micro. En gros le vent revient, du sud ouest, et il faut dire au revoir aux plafonds de ouf. Alors pourquoi partir si loin dans le sud ? Parce qu’il y aura de la pente sur le parcours pardi !
Ça va nous faire bizarre, on faisait de la plaine depuis le début de la semaine en survolant les crêtes comme les fainéants de plastique, là il va falloir faire le tour.
Bon, pas trop le temps de réfléchir à la stratégie, il faut aller en piste pour tourner la chorégraphie. Milena, Sandra et Aimeric mènent la danse, les autres tentent de suivre. C’est dans la boite en moins d’une heure. 


A TABLE !!!!! encore une fois merci à Alain et Jacky d’avoir préparé le repas. On a pas mal de restes de la veille, les pommes de terre se font sauter au beurre (rien de sexuel), on finit les côtes de porc, un petit dessert et zou en piste pour l’équipe vol, pendant que l’équipe vaisselle s’affaire.

Premier décollage, 13h, ce n’est pas fameux ce premier secteur, mais bon ça ne retombe pas.
Rédacteur oblige, la journée de vol sera racontée depuis le cockpit du VT.
Si vous avez suivi, le VT suit le LS depuis le début de la semaine. On appelle ça « voler ensemble » ou « voler en paire » (bien qu’on soit 3 avec l’AM de Lionel), les médisants disent « sucer la queue ». Que les gens sont méchants…
Donc la mission lors de l’accrochage c’est de retrouver le LS et l’AM !
Bref on décolle, on galère un peu premier secteur. Plafonnement à 1800m. On contact LS sur la fréquence secrète dite « 750 » : ça marche fort au Peyron. Et bien on a qu’à y aller direct, même pas peur. On saute la crête à Gaston comme les pommes de terre, et là, devant le Peyron, vers la Roche de Rame, un gros truc qui bastonne. C’est la machine à laver mais 2m/s constant. De quoi faire 2400 et se jeter sur la tête de Loïc Peyron pour la deuxième partie de montée. Au final 3500m et on rattrape Seb et Frédo dans le Lima Sierra qui sont en « prospection onde ». 
Onde ???? Ah oui tiens, Micro a parlé de vent ce matin… 
On cherche vers le tas de sable, le Grand Conil aussi. « Il doit y avoir un truc si le Grand est par là ». Mais non ça plafonne. Je dirais même ça cisaille.

Lionel dans l’Alpha Mike est plus à l’ouest vers les Aiguillasses. On ressert le groupe et on essaie de monter. On n’est pas tout seul, tout le monde est là stocké entre 3000 et 3700m pour les veinards. Ça avance, ça recule, ça tourne à gauche, à droite, ça monte, ça dégueule, on cherche tous le Graal : l’onde. Car le cumulus au-dessus est chelou et ne bouge pas. En plus il a un chapeau rond (vive les…). « Sur la crête du pas de la cavale, je passe en laminaire », c’est AM à la radio. Avec Seb on se précipite. Ça tabasse un peu plus on galère… Pendant ce temps, les autres concurrents en ont marre et partent en ordre dispersé vers le premier point à l’ouest, après le Piolit, face au vent (on reviendra sur ce détail dans la suite de ce passionnant reportage). BY avec Bastien à la place d’Olivier part tôt. Il a un test à faire avec Bada. Hervé dans le NC a prévu de faire 3 tours et donc de tourner le premier point en douceur. Franck est seul commandant de bord du ND aujourd’hui et reste en grand local.
Après 1h de lutte et d’insultes en tout genre (pardon Miléna…), le VT et le LS passent aussi en laminaire. C’est mou mais bon on frôle les 5000.



Bon, il est temps de prendre le départ. FEU ! La première branche se passe face au vent, à part une finesse bof bof, rien à redire, c’est du tout droit, balistique. Comme depuis le début de la semaine, on se fait poser en transition par le CILS (il doit avoir un moteur planqué dans le cadre !). Première pompe sur Chabrière, 4m/s, on part avant le plafond direct sur le Dormillouse. C’est qu’on doit descendre au sud de la montagne de Coupe, Ya encore quelques bornes. On s’extasie sur la beauté du lac de Serre-Ponçon autant que sur une transition de ouf avec un peu de positif pendant plusieurs kilomètres sur le lac.



Bastien, parti bien plus tôt est sur le retour et nous rassure sur les conditions.
Arrivé à hauteur de crêtes sur le parcours, on lève légèrement le nez. Papa Delta arrive du Morgon 500 bons mètres au-dessus de nous. On arrive tranquillement aux 3 évêchés à 2800m. Allez, tout droit jusqu’au Cheval Blanc. Arrivés sous crêtes, on continue. La Montagne de Coupe à balle à 1900m on tourne le point. Tiens Papa Delta a suivi mais plus si haut. Pompe de ouf milieu de Coupe, on dépose Papa Delta, on quitte à 2800. C’est la dernière pompe du circuit, kilomètre 72 de l’arrivée.
Badin à 130, les 3 k13 plus trop éloignées sur le plan vertical (le VT monté léger avec Miléna rattrape bien le LS en montée) filent au-dessus de l’Ubac vers les 3 évêchés. Il fait plus jour que la veille ! on n’a pas besoin des antibrouillards ! Vers la Micheline, on est tenté de faire quelques tours pour essayer de passer au-dessus des crêtes et gagner de précieux kilomètres en évitant le Dormillouse/Morgon. Seulement 3m/s, on perd du temps : on se casse. 130/140 km/h, ça gaze et ça porte, on saute le Morgon à 2500, large pour l’arrivée. En fait, ultra large : le venturi porte à mort avec un sacré vent dans le cul ! 140 à la pendule, plus de 200 en Ground Speed ! Arrivée de chasseur vers le fort avec beaucoup de Rab. Les 3 k13 finissent en même temps en étant restés ensemble tout le vol. ça n’a pas été le cas de tous les vols !
On se pose en patrouille serré, bien contents de la perfo. On le sait c’est la dernière épreuve (demain c’est bâché), on devrait garder nos places. Dans le Lima Sierra, les sourires sont aussi de mise, Frédo a l’air d’être content d’être venu.

Il est temps de repartir pour un deuxième vol. On nous prévient, ça va être coton, le NC vient de faire 5min. Ah oui la manche à air indique que le vent souffle de la montagne… De toute façon, faut faire voler Antoine, c’est le dernier jour possible et il n’a pas encore volé !
« - Tendu
- Tenduuuuuu !
- Victor Tango prêt
- Victor Tango prêt, début de treuillé à St Crépin Silence Radio ! »
La douce voix de l’Amiral résonne une dernière fois pour 2023, et c’est partie, le câble s’enroule, le K13 monte. 1350m. Pô mal, on devrait s’en sortir. Transition à -3 m/s jusqu’au premier secteur ou le Lima 99 - le K13 anglais en torpédo pour le deuxième vol – galère à 1200m. Ah oui c’est pas terrible. Il faut se battre pour juste rester à 1200… 
Au bout de 10 minutes le L99 abandonne, le premier secteur est à nous. 1190m. 
Encore 10 minutes plus tard : 1240m, c’est mieux… 
Encore 10 minutes plus tard : 1350m, héhé. 
Encore 10 minutes plus tard : 2700m…
On fait ensuite le grand classique Peyron, plafond balade jusqu’au tas de sable, retour à la bergerie et il est temps de se poser : « La bière n’attend pas, on attend la bière ! »
Surtout que ce soir c’est la soirée de clôture.

Marco et Alessandro, normalement dans le K13 Fuerza Italia I-SANO, n’ont pas participé cette année mais sont venu le dernier jour pour préparer un Risotto et des spaghetti carbonara. Bel lavoro ragazzi !
La remise des prix commence sous la houlette de Bada, plutôt magnanime : il nous laisse finir le fût de bière sans demander de ticket, c’est dire !
Au général, le NC finit 18ème sans tourner la dernière épreuve, 16ème pour le BY et 8ème pour le ND. L’organisation a été gentille et a permis de comptabiliser le vol de Bastien sur BY du jour (pour cause de commandant de bord inscrit à St Remy) sur le compte du ND. Bravo Bastien !
Pour le VT, le suspense est à son comble d’autant que sur l’épreuve du jour c’est le Lima99 qui a gagné, avec 103,3 km/h de moyenne contre 101,8 de moyenne pour le trio LS, AM et VT. L99 est parti plus bas, sans se faire chi&@^ à monter en onde, en bas il y avait moins de vent de face... Mais ce n’est pas suffisant pour bouleverser le classement général, le podium reste le même que la veille : 1er la Suisse avec le LS de Seb, 2ème le VT de la Montagne Noire et 3ème le YM de St Crépin.



Pour l’occasion la Montagne Noire se voit remettre une marmotte empaillée en cadeau. On a décidé que c’est Antoine qui en aurait la garde !

Le général :
On passe quelques films, dont la chorée filmé le matin et le temps commence à se gâter vers minuit. Quelques gouttes de pluie, on range vite fait les enceintes, ordis et écran. Beaucoup quittent les lieux, mais un groupuscule se retrouve sous la tente Black Mountain pour finir la soirée. Un groupe hétéroclite de BlackMoutainistes, grenoblois, st créponaise, allemands et même une marmotte. Demain c’est sûr : ça ne vole pas. On peut se coucher tard !




jeudi 24 août 2023

St Crépin - jeudi - retour à la normale

C'était trop facile ce début de semaine. On en oublierait presque les accrochages au Peyron dans les arbres, les points bas. Et quelqu'un a vu Fouran, Clotinaille et Guillaume ? On a tourné autour sans les voir. Est-ce vraiment St Crépin ?

Heureusement, l'orage a pété un peu hier, et il menace aujourd'hui. Et là Micro a dit : "j'ai bien fait de voler hier" puis "l'oxy ne va pas avoir mal aujourd'hui".

Oui mais avant. Il y a le matin. En ce beau jeudi : le briefing est annoncé à 10h30 et en piste. Bada demande si Antoine peut filmer au drône. Antoine ne répond pas et part filmer des scènes. C'est la perfectionnite, justifiée, rapport à la voiture qui l'était pas d'époque dans la scène 5. Or v'là-t-y pas que grâce à un membre remorqueur non-présent, nous avons à disposition une belle Mercedes, flambant dans son jus. Elle est parfaite. La scène est re-tournée, le réalisateur est re-content. Note pour les cascadeurs et puissance : sur une ligne droite, en accélération, il est de bon ton de zigzaguer un peu pour faire style. Apparemment.

Le tournage se dirige vers le hangar pour des scènes bonus avec les espions russe et français. C'est l'heure du briefing. Le pilote de drône sera un peu en retard.


En piste, ça cuit. Les K13 sont alignés en coeur, les pilotes aussi. Quand le drône arrive, on resserre les pilotes vers le centre du coeur, mouvement qui n'est pas sans ressembler à une (de moins en moins) grosse b... C'est cocasse.

Après une belle contribution de Bada qui nous rappelle qu'il ne faut pas entrer dans les nuages, Jérem nous annonce la journée. Moins haut, mais plus loin, allez faut bosser bordel. Mes mots, pas les siens.

Décollage 13h comme d'hab. Mais avant il y a les grosses courses pour la soirée, menées par Julien qui est désormais surnommé l'Attila de l'Intermarché. Surtout les jeudis de fin août.


Temps calme, on met la table, rattrapage de blog.

Alain et Jacky on tout préparé pour midi. Dans un stage planeur, si vous pensez que le nombre de planeurs, ou la météo, sont les éléments clés de la réussite, vous vous trompez. C'est l'intendance. Une équipe qui cuisine aux petits oignons tous les jours, c'est le luxe absolu. Et quand on en trouve qui sont capables de se fournir en canard au prix du poulet... chapeau les gars !

Déjeuner à 12h30 pour un départ à 13h, c'est chaud mais ça passe. Julien est dans les premiers à partir, pour assurer un retour tôt et la gestion de la soirée. Intendance au carré, 110 personnes, 44 litres de punch. Et des trucs à manger aussi, faut pas froisser l'autochtone.

Après une montée pas forcément très haut, le premier secteur donne bien dès bas. Alors chouette. Puis en haut ça marche aussi, le 2e secteur. C'est trop facile tout ça.


Le Peyron monte sans plus, mais en passant de l'autre côté de la Roche de Rame ça monte mieux. Coup de bol, c'est aussi le bout de la ligne de départ.

Non franchement c'est louche.

Plafond à 4000, en effet l'oxy n'est pas beaucoup utilisée. Et départ pif paf, on va voir le premier point. Oh le beau cumulus ! Ah ben non. Bon ben virage à gauche et on avance. Et là selon l'heure, la stratégie varie. Dans le groupe de tête constitué de la pat'patrouille LS+VT+AM (non ce n'est pas le Nemo), ça bombarde tout droit. OK. ND et BY profitent du "tu vas voir ça monte en ligne droite" pour se prendre un +5 intégré qui remonte bien haut. Arrivé plus tard sur les lieux, le NC ne trouve pas grand chose et continue sur la tête d'Amont pour s'apercevoir que ce n'est pas si terrible que ça. Mais il remonte et il avance.

Après un cheminement dans les Ecrins à travers les couloirs autorisés, il est temps de sauter la plaine de Gap, vers le Pic de Bure. Arrivés vers 2500, les premiers s'appuient sur les pentes au sud. Ca marche correctement pour avancer vers le point. Après il faut monter car le prochain point est loin. Et humide. Ah oui il pleut sur la Blanche. Tabarnac' !

en bas des avions anti-feu fond leur travail, en patrouille moins serrée que les K13 de tête

En plus le plafond est déjà plus bas. On a du mal à passer les 3300. Bon ben quand faut y aller...

Côté NC, le circuit s'arrête justement avant de sauter vers Bure. Dans la catégorie "Rencontre amicale", Hervé se dit à raison qu'on n'est pas là pour se faire peur. Et le tourisme c'est bien aussi. Et puis une vache en famille (il vole en fratrie), ça fait des souvenirs mais ça promet aussi du chambrage de longues années. 

A la radio, le LS et l'AM parlent. Beaucoup. C'est quasi une émission permanente. On leur proposerait bien de prendre une chambre mais ils distillent des infos qui peuvent être utiles. Là il pleut, là non. Là ça monte, là non. Olala je suis bas. Ben tu vas finir aux Crots.

Le point c'est par-là. Alors, qui vient ?

Les Crots.

Gentil croquemitaine de St Crépin, le terrain ULM des Crots est la vache facile. Au bord du lac de Serre-Ponçon, il n'est pas vraiment loin de St Crépin, il est facile, et il est le long de nombreux circuits puisque pas loin du Parcours.

Cette année personne ne s'y est mis. Encore.

Du coup, entendre ce nom à la radio fait frémir quelques moustaches. Mais allez on se motive et on traverse. Des pentes au sud est de Bure vers Dormillouse, on serre les fesse.

Le ND passe, le BY moins. C'est qu'arrivé à mi-parcours, l'altitude a bien baissé. Le cumulus qui devait refaire de l'altitude est moins bon que prévu. C'est à dire qu'il ne donne rien. Le choix entre le Dormillouse tout gris à droite, ou le Guillaume tout au soleil à gauche est vite vu. Guillaume nous voici !

Et ce n'est pas gagné pour autant. Arrivée à 1600, il faudra gratter un peu. Mais ça monte, donc ça rentre. Circuit avorté, rentré en sécurité. Bien.


Parti vers Dormillouse, mais en fait non plus à droite car finalement plus ensoleillé aussi, le ND galère un peu pas très haut.  Mais comme le BY, il gratte et il monte. Et il tourne le point, et c'est beau.

Notons qu'une fois ces grattages et accrochages ardus passés, la météo s'améliore. Le soleil revient, le point sur l'Ubac semblerait presque faisable. NC et BY regardent, et se disent que non, il y a des seconds vols et la soirée BM ce soir.

On reprend donc le classement habituel avec un VT en haut, un ND bien classé, et les papys du vol à voile qui se font plaisir sans regarder le classement.

On n'est pas bien là ?

Au deuxième vol, c'est toujours fumant. Ca monte partout, donc on peut retourner au Glacier Blanc des Ecrins, et se promener sur le voie royale.


Tout le monde posé à 19h. Mise en place de l'écran pour un aperçu du film. J'écris ces lignes avec un verre de punch fruits rouges à ma gauche, et le son qui monte dans le dos avec la consommation d'apéro qui commence.

Si vous venez vers minuit, vous verrez sans doute une chorégraphie répétée ce matin sous la houlette de coach Milena.

Ca vaut le coup.

St Crépin - mercredi - 5000 sous cumulus

 Plus haut, plus vite, mais jusqu'où s'arrêteront-ils ?

Ce mercredi, le circuit nous emmène en latéral après avoir fait du vertical. Avec une nouveauté que mêmes les anciens de la Rencontre n'ont pas forcément vue : un point de virage dans le Mordor.

Le Mordor, c'est le pays accueillant rempli de cailloux et habités par le croquemitaine carnivore mangeur de K13. Au milieu du Mordor, au pied de la Montagne du Destin de Rochebrune, le premier point de virage.


Avant il faut monter à Vars. Et avant aux Eygliers. Le bas est un peu difficile au début. Le treuil envoie la première moitié de la première demi-ligne. Il souffle un peu. Il envoie la deuxième moitié de la première demi-ligne. Il souffle un peu.


Et puis ça part. Accrochages un peu lents, meilleurs quand ça monte, très bons en haut. 4000 à Prachaval, on s'élance vers le départ. Près de 4500 à Vars sur la ligne. Et là, stratégie.

Il y a des pentes vers la droite, jolies sur la carte. Mais en fait non. Il y a es pentes plus connues à gauche, avec des cumulus. Et il y a tout droit, avec 6 mètres par seconde de montée en ligne droite. Pas de bol, ce n'était pas écrit dessus.

Virage au point, remontée si nécessaire à Rochebrune. Grosse remontée pour le ND qui a mal cheminé.

On atteint 5000 assez facilement. Jolis cumuls quand même. C'est la canicule en France, ça se voit.

De là on prend le cap, le pic de Bure est par là-bas dans 80 kilomètres.

Les belles montées sont équilibrées parfois par de belles descendances. Mais les belles montées !

Passage au pic de Bure et son observatoire. Le point, et retour sur la tête de Lucie. Avec ou sans refueler, c'est selon. A la fin il y a peu de choses à raconter tellement ça va vite. Plus de la moitié des concurrents sort une vitesse moyenne à plus de 100 km/h. Stylé.

Mais à part les épreuves ? Déjà on va passer assez vite sur les seconds vols, écourtés cause d'orage. Très écourtés pour certains. Bastien finit sa journée avec un peu de frustration.


Cela laisse un peu de temps à la production cinématographique. Après une grande scène de fusillade le matin, il y a des effets numériques, du montage, de la synchro de musique.


Et on mange. De le daube. Miam.


Jeudi soir il y a soirée Black Mountain. Grosses courses ce matin, les commis de cuisine vont s'occuper durant l'épreuve. Et Julien va devoir tourner vite pour revenir diriger la manoeuvre. Il devrait y arriver, vu que le VT a fait une très belle première place. Pô mal.



mardi 22 août 2023

St Crépin - mardi - vous me ferez trois pompes

Dans "Rencontre amicale ASK13 de St Crépin", l'adjectif est souvent oublié. Et c'est bien dommage. Le vol à voile c'est l'école de l'amitié, la fraternité, l'humilité et comment faire passer le plaisir pour soi en même temps que celui du collectif.

Waouh.

Après, des fois quand on arrive à sortir une performance inhabituelle, on peut se la péter aussi.

Hmmm ? Oui?

Alors...

On a grillé le VT et le CILS !!!

Non mais je veux dire, les grands champions peuvent avoir des instants de faiblesse. Les plafonds n'étaient pas terribles, l'orage menaçait, et les sangliers avaient mangé des cochonneries. Ca arrive.

On rembobine au débit de la journée ?


Après la mise en piste, le briefing annonce un joli petit circuit de 195 bornes. Et c'est rigolo, hier on se disait que ça manquait d'un point au lac des Sagnes. C'est fait. Ca fait toujours plaisir de sauter le col de Vars, au moins on évite la vallée de Barcelonette. Pour aujourd'hui au moins.

Et donc un départ au Peyron, le Lac des Sagnes avec Vars dans les deux sens, on repart au nord à Serre-Chevalier comme les jours d'avant, et le bout du Morgon au ras de l'eau.

La météo est toujours demandeuse d'oxygène avec de beaux plafonds. Ca devrait passer.

Petite pause entre 11h et midi. Du blog, de la préparation du déjeuner, et du tournage. Grande scène dans un hangar, avec une marmotte et un K13. Il faudra un peu de post prod pour régler des problèmes de luminosité mais on a le temps le film est pour jeudi c'est large. Les talons des bidasses claques, les talons aiguilles aussi.


A table.


Farandole d'oeufs dur autour d'un lit de carottes râpées. Mayonnaise maison. Taboulé maison, servi en bassine. On ne se moque pas de nous. Ajoutez un peu de fromage et un fruit ou un yaourt, et le vélivole est prêt à la performance.

On cherche un peu Florian, qui met en piste le PH avec toute son amitié, sa fraternité et son humilité. Il est 12h30, décollage à 13h et il est dans le VT en première ligne. Pas de stress.


Les autres équipages sont composés de Hervé et Aimeric, Olivier et André, Joseph et Bastien. Ca astique les bords d'attaque, le départ est donné. Déjà, on accroche du premier coup. Tous. Ca fait plaisir.


Montée comme on peut, premier et deuxième secteur, les yeux déjà sur le Peyron. Coup de bol, un très beau cumulus est pile sur l'extrémité de la ligne de départ. Quand on tourne dans la pompe, on prend le départ, et encore, et encore... Ca suffit oui ?!

Puisque le GPS fait trop de bruit, on part. L'histoire étant écrite par les vainqueurs, suivons l'épopée du ND, meilleur classé de la Montagne Noire. Au briefing on avait dit : après le départ, c'est tout droit au lac des Sagnes, puis on refuel au Peyron. Et bien il s'avère qu'il faut bien évidemment monter au Peyron, mais ensuite rien n'interdit de prendre un bon pétard juste avant de sauter Vars. Et le même au retour. Siguret ? Connaît pas. Sais pas où c'est, j'ai dû l'éviter forcément mais sinon... Le Peyron dans l'autre sens, évidemment aussi. Puis la tête d'Amont une fois, le point, la tête d'Amont deux fois. Et c'est tout. 4400 à cette pompe, c'est une transition jusqu'au dernier point, un virage bien symétrique et un chatouillage du Morgon à 2700. 140 et paf arrivée. On a le droit de s'appuyer un peu à droite si besoin, mais les 1500 au fort sont bien là.

Et voilà. 106 de moyenne.

Sans vouloir trop appuyer dessus, le BY l'a fait aussi. Certains diront même que le BY a fourni des informations précieuses au ND en lui traçant la route. Mais l'important c'est la victoire. Le papy du BY est content de se dire qu'il peut encore sortir une perf de temps en temps.

Après tout le monde a été rapide, voyez plutôt.


On enchaîne avec des seconds vols. Le vent passe un peu au nord, ce qui permet une discussion instructive avec l'Amiral sur les effets du vent sur la treuillée en piste 16. Et puis l'orage illumine et pleut des gouttes. Pas trop.


Ce soir le blog est écrit vite et avant le repas. La cause à un tournage intensif après le repas, et des effets numériques à concevoir. On n'a plus le temps, le film doit être présenté en projection-test jeudi soir.

Ah déjà.


Ah mais vous avez vu l'heure ? Luc part se coucher. Il n'est pas si tard en fait.