vendredi 21 août 2020

St Crépin - voyage aller

Julien met son clignotant, la sortie 29 approche dans quelques centaines de mètres.

Pour la deuxième fois de la journée.

Oui car nous y sommes passés il y a une demi-heure déjà. Nous étions sereins, calmes, reposés presque. Surtout que certains ont dormi dans la voiture. Pour une fois, malgré un départ tardif le trajet s'est déroulé facilement. Enfin, jusqu'à Aix au moins.

Rendez-vous à 9h au terrain, Julien voudrait être parti à 10h. Personne n'y croit mais on veut bien jouer quand même, il faut bien se trouver des motivations. A la Montagne, le NB est déjà dans sa boîte depuis son retour de la Llagonne, il faut préparer le VT tout fraîchement sorti de l'atelier et le NC. Pour le VT, il reste un peu de branchements électriques, une ficelle à ajouter pour sécuriser l'ouverture la verrière. Rien de bien méchant et surtout rien à faire avant de partir. Seul dans le hall de montage, il nous attend une fois passé le dragon Mimine qui demande son péage croquettes.


En plus des deux ASK13, il faudrait également voir à emporter du matériel qui pourrait faire défaut à St Crépin pour cause de COVID et d'accès aux bâtiments. Sur la liste, une enceinte pour le son, un projecteur et un écran pour l'image. De petits objets donc, que chacun casera facilement dans sa boîte à gants ou son étui à lunettes. Ou plutôt dans une remorque de planeur et une place avant inutilisée de véhicule automobile tracteur.

Ca passe.

La première mise en remorque se passe bien. On démonte le VT à l'intérieur. Ca souffle dehors. Les cumulus n'arrivent pas à masquer le vent très Autan qui décoiffe et tente d'arracher les portières. Oui mais on t'a dit de ne pas te garer dans ce sens là aussi...

Tréteaux à roulettes, nos amis. Non pas celui-là, Mimine est dessus.

La remorque du VT est pratique, à part qu'il faut une clé de 19 à un moment mais sinon tout s'attache bien et cette barre de fixation est vraiment très pratique. Dans la caisse de la remorque, il y a un roulement à billes de rechange. Signe de problème sur cette remorque lors de voyages passés ? On rit.


Le temps de tout bien attacher, visser, sangler, on peut déjà prendre de l'avance et préparer la remorque du NC. La remorque Twin, pour ceux qui chercheraient en vain une remorque estampillée "K13" parmi les cartes grises restantes.

La grande remorque grise donc, avec des parties mobiles rouges. Très pratique également, la remorque Twin est fournie en option avec un berceau capitonné et des fixations de saumon à serrage hélicoïdal. Pour mieux apprécier la remorque Twin, prenez le parti d'un montage de planeur au petit matin quand l'horizon se fond dans les vertes collines bercées de cumulus nacrés. Bien huilée, la remorque Twin permet de mettre en place le fuselage en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. La remorque Twin, une réalisation Ateliers VVMN(tm).


Du coup, démontage du NC dans un hangar Mistral tellement vide qu'on pourrait le ranger comme le font les clubs avions. Pour ce démontage, l'astuce consiste surtout à retrouver la boîte à NC. C'est le dernier planeur qui part, et sa boîte est bien vide. Les vis qui tiennent le berceau ont disparu, la clé de 17 pour la profondeur n'est plus là. Les extracteurs non-plus. Heureusement que le VT lui ressemble beaucoup car la boîte de ce dernier servira finalement aux deux. Et pour les vis de le remorque, c'est le bidon aux vis, artefact magique du hall de montage, qui sortira comme à son habitude 7 modèles différents pouvant rendre le même service, sans apporter de solution à la précision symétrique de la remorque. Mais bon, si ça tient.

Et ben tant qu'à y être, vas-y paie ton vélo attaché comme n'imp' à l'avant de la remorque, on ne fait pas dans l'esthétique on vous dit.

Ca tient aussi.

Heureusement parce qu'à force de se bronzer les yeux à l'aube lauragaise, il est déjà midi passé. Et encore on a évité le démontage de l'ASH30, même si ce taquin de François nous l'a quand même proposé au plus fort de l'activité de démontage. Quel farceur.

Le train des K13 oranges (ou assimilés) peut se mettre en route. Les remorques VT et NC se partagent une roue de secours pour deux. Confiance.


Première étape juste avant l'autoroute, pour remplir les réservoirs automobiles.

Deuxième étape au dessus de la Cité de Carcassonne, pour les estomacs. Il est déjà 13h, et les deux pendules sur la banquette arrière de Julien ne manquent pas de le lui signaler.


Et après, ça roule.

Ca roule même étonnamment bien, et à part un petit accrochage qui bloque la voie de gauche avant de bifurquer vers Arles, il n'y a que peu de vrais ralentissements. Dans la Hervé-mobile, c'est l'heure de la sieste digestive. Les kilomètres autoroutiers défilent. Jusqu'à Aix. C'est Olivier au volant, on est sortis pour le classique enchaînement de ronds-points avant de tourner à gauche et reprendre la voie rapide en montée. La voiture est sur la voie de droite, il faut aller à gauche. Clignotant, politesse du camion qui suit, virage à droite.

Le téléphone sonne : Julien.

Et oui, on s'est un peu trompé. Comme il nous suivait, il a fait la même erreur. On soupçonne une refonte traître du carrefour mais de toute façon il sera bien temps de vérifier car le détour nous demandera de repasser au même endroit. C'est parti pour une vingtaine de minutes de détour. C'est pas la grande aventure mais ça fera au moins une anecdote à mettre dans le blog. L'esprit du bloguiste se réveille un peu, il réchauffe son vocabulaire et cherche une ligne d'accroche.

En attendant le point de demi-détour est atteint, on sort, on enchaîne deux ronds-points et on repasse le péage.

Le téléphone sonne : Julien.

Le K13 a sauté dans le dernier giratoire, Julien s'est arrêté pour vérifier, le planeur a bougé. Il est arrêté avant le péage, nous juste après. en quelques foulées nous y sommes.

La super barre de fixation de la remorque a cassé, le planeur s'est penché et la barre a fait un trou dans l'aile. Pas de nervure cassée, "juste" de la toile et quelques éraflures sur la peinture. Et bien sûr un planeur qu'il faut refixer avant de terminer la route.


Sur un planeur tout neuf qui n'a pas volé depuis son réentoilage, c'est évidemment très frustrant. On ne vous cache pas qu'un autre vocabulaire plus fleuri a été utilisé lors de la pause, quoiqu'en toute modération. La faible étendue des dégâts laisse néanmoins supposer qu'une journée de réparation sera suffisante. On croise les doigts.

Pour le moment, on croise surtout les sangles. Deux pour remplacer la barre et tenir le latéral, une autre pour le longitudinal. Et on clique. Le fuselage est un peu de travers mais ça tient. Le convoi repart, le VT en tête et le NC en chaperon derrière.

L'autoroute est toujours peu chargée, le soleil commence à décliner doucement, la chaleur pas encore.

Julien met son clignotant, la sortie 29 approche dans quelques centaines de mètres.

Pour la deuxième fois de la journée, donc.

Au passage du carrefour qui nous a piégés la première fois, on confirme une rénovation récente et piégeuse. Le goudron neuf, la peinture bien blanche, indices. Cette fois ça passe mieux, on ne va pas nous la faire deux fois.

Il reste à vérifier l'autonomie.


La nouvelle voiture de Julien consomme beaucoup et contient peu. Si le doute était possible au départ de la Montagne, il ne l'est désormais plus : il lui faudra remplir le réservoir 3 fois lors du trajet en comptant le plein à Castelnaudary. Devant le NC, Hervé doit lui faire un deuxième arrêt à la mi-parcours passée. Et le moment est arrivé. Après la montée de la voie rapide, la route se met en descente et l'alerte ECAM annonce un niveau bas de carburant. Autonomie annoncée à 45 km. La prochaine station est à 50. Diantre. Heureusement les miracles d'internet nous indiquent une alternative en sortant de la voie rapide. Un rond point, un virage à gauche puis à droite et la station verte sur fond vert remplira son office et le réservoir de la petite Citroën.

Dehors, si on arrête de regarder la route et qu'on lève les yeux on commence à reconnaître une aire de jeux étendue. A droite les Mées de St Auban confirment un éboulement récent. Plus on avance et plus on se dit qu'on pourrait venir par ici en K13.

Mais pas encore.

Déjà, on va faire la route inverse au sol et terminer l'épopée du jour. Je ferme ce blog en supposant que la journée a finit de nous offrir se surprises. A St Crépin, les arrivés en avance ont bien profité des journées de la semaine et ils ont même pensé à nous en faisant les courses pour ce soir.


On passe le lac de Serre-Ponçon. ETA 21h.


On arrive les amis !

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