dimanche 21 août 2016

St Crépin - le périple aller sur deux jours

Chers lecteurs, bien(re)venue dans cette merveilleuse aventure qu'est St Crépin ! Chaque année, vous vivez des aventures par notre intermédiaire, et je sais que vous êtes nombreux à nous en remercier, à nous écrire de longues lettres d'admiration et à faire des dons à l'APPARAT grâce à tout l'amour que vous avez en lisant ces lignes.
Mais je veux rester modeste.
Non, nous n'inventons rien, à la limite embellissons-nous quelques faits mais les témoins peuvent confirmer que tout est vrai. Nous ne chassons pas le like sur ce blog, le like vient à nous.
Tout ça pour dire que ce que je vais raconter ici n'est en aucun cas un fait-exprès. C'est surtout un pas-de-bol, mais quand c'est fini c'est toujours plaisant à raconter, et pour vous je suis sûr que c'est encore plus plaisant à lire.
Le voyage aller donc.
Eric est parti en avance, avec le 2066, sa remorque, Simon, Stéphanie et touS leurs bagages. Et il est arrivé, et le vendredi ils ont volé deux vols de plus de deux heures. Dur.
Mais je sens que ce n'est pas assez palpitant pour vous. Je vais faire mieux.
Ce vendredi, ce sont les deux autres planeurs qui devaient prendre la route. Le plus tôt possible, avec pour objectif utopique de voler le soir en arrivant. Enfin dans le lot des 10 personnes, je crois que seul Julien y croyait.
Vendredi matin donc, 9h30 tout le monde est au terrain, et nous mettons en boîte. Les deux remorques ont été vérifiées par le responsable du matériel roulant : complétude, carte grise et assurance, pression des pneus.
Et puis les K13 on connaît bien donc la mise en boîte se fait assez vite. A 11h les deux attelages partent, ainsi qu'une voiture supplémentaire vu le nombre de pilotes. La route est encore plutôt dégagée, les embouteillages ne sont pas encore là, et en plus tout le monde a un badge de télépéage. Je ne fais pas de pub, mais quand même ça fait plaisir de doubler tout le monde.
Et ça roule et ça roule. Pause sandwich vers midi, ou 14h je ne sais plus. On mange sur un talus à côté de la remorque verte. C'est classe dans un style itinérant.
Puis on repart et comme il fait chaud on remercie le choix de voitures plus modernes que le juste-un-temps regretté J5. La sound system fait également moins mal aux oreilles, sauf dans la 607 où on entend deux flûtes sonner. Au bout des flûtes : Maxime, candidat au rôle d'Assurancetourix pour le thème gaulois de l'année à St Crépin.
Sur l'autoroute; la remorque couverte du NB lace un peu plus que celle du NC. Excusez-moi de ne pas dire "tangue", mais moi je connais mes trois axes. Donc la C5 ralentit à 105 Km/h quand la DS4 reste à 115 et prend donc un peu d'avance. Jusqu'au bruit.
Depuis l'habitacle de la C5, c'est silence car papa double, et à 105 ça prend un peu de temps. Puis tout à coup on entend d'abord un frottement. Dans son rétroviseur gauche, le conducteur voit la roue prendre des vacances. La remorque roule (toujours les 3 axes) et se pose. Inquiet, le conducteur regarde devant lui pour voir où il va et finir son dépassement. Big up au poids lourd dépassé qui laisse l'attelage se rabattre. Et comme on ne peut pas avoir que de la poisse, un arrêt d'urgence avec borne d'autoroute est juste là où on avait envie de s'arrêter. Un petit coup d'oelig;il supplémentaire dans le rétroviseur montre une belle gerbe d'étincelles. Je connais un essieu qui prend cher.

Véhicule sur le bas côté, et bouchon de curiosité, bravo !

Une fois arrêtés, le gilet jaune tout neuf prend du service et tout le monde sort. On déverse un peu d'eau sur l'essieu sans roue afin d'éviter un échauffement qui embraserait... je ne sais quoi. On commence alors à s'inquiéter de la roue. Où est-elle partie ? A-t-elle rebondit ou a-t-elle atteint le terre-plein central ? A-t-elle heurté un autre véhicule ? Un suraccident serait dommage. Mais occupons-nous déjà de nous. J'avais toujours rêvé d'utiliser une borne d'urgence d'autoroute, c'est fait. Et vous savez quoi, je suis déçu. Le bouton fait bip mais personne ne répond. Gneu gneu gneu. Heureusement, un petit numéro de téléphone nous sauve. L'accueil nous prend en charge, demande où nous sommes. Nous donnons le numéro de la borne, ça ne leur suffit pas. Ah. C'est bien fait ce système.
Pendant ce temps la dépanneuse arrive, et avec elle la camionnette des sociétés d'autoroute. Chacun son rôle, chacun son costume. Quelques péripéties plus tard un quand même un bon coup de main de l'équipe vélivole experte en maniage de cric à roulettes, et hop la remorque est sur le camion. Direction la sortie suivante : Salon.
Une fois au Renault de Salon, il faut décharger. On a réussit à la monter, on va bien la descendre hein ? Eh bien non. Parce que voyez-vous... mais je sens que les explications de mécanique des forces vont être pénibles à écrire. Bref, ça ne passe pas. Mais avec deux cric en plus et des personnes du garage, ça passe. Voilà donc la remorque posée dans le stock du garage Renault Salon. Il est 18h, nous avons perdu environ 2 heures, mais finalement ça s'est bien passé. Pas de casse du planeur, pas de bobo, amabilité du remorqueur et prise en compte facile par l'assistance de l'assurance.
On reviendra demain pour la suite, là il reste quand même presque 3 heures de route pour aller manger et dormir à St Crépin. Sur place, on nous attend avec des félicitations mi-amusées mi-sincères. Et une surprise : l'autre remorque a failli avoir le même problème. La roue est restée attachée mais on ne sais pas trop comment. Ca sent la semaine de bricolage.
Dodo.
Samedi, 7h, départ de deux attelages et huit personnes; Un attelage avec la remorque Cobra du 2066 pour récupérer le NB. Un attelage avec une remorque plateau pour l'opération amusante de la journée : ramener la remorque du NB. Une remorque sur une autre, attachée comme on peut, et soulevée par on ne sait pas encore trop quoi. Ca va être amusant.
Côté garage, il est fermé, mais le dépanneur est de service et il peut venir nous ouvrir le portail. Premier arrivé, Eric recule la remorque Cobra pour le transvasement du NB. Ca tombe bien, les ailes sortent en premier de la couverte et elles entrent en premier dans la Cobra. Pratique ça.
Pendant ce temps, l'équipe B du dépannage s'occupe de l'électricité de la remorque de St Crépin. C'était bon au départ mais un malheureusement incident a tout débranché. Il faut tout refaire et les couleurs ne correspondent pas. Essai, erreur. Essai, erreur. On y arrive quand même, et à temps pour la véritable épreuve.
La véritable épreuve consiste à monter la remorque couverte du NB sur la remorque plateau de St Crépin. Une remorque vide, ça pèse dans les 400 Kg. A huit personnes, même musclées, ça fait beaucoup par bras. Trop pour porter de façon continue, faisable pour des impulsions. Nous manquons de photos de cette partie, vu que tout le monde portait. La seule photo est celle des vaillants vélivoles une fois l'opération effectuée. Dans le mouvement, un peu de toile a bougé, un peu de tôle a frotté, mais finalement il y a peu de dégâts. Et ça semble assez bien calé, même centré. Sanglons les amis !
Et ils sanglèrent. De la vraie sangle à cliquet, à la fin ça ne bouge plus. La remorque portée dépasse de moins d'un mètre à l'arrière de la porteuse. Les feux sont visibles, la plaque aussi. Le poids estimé est à 900 Kg ce qui passe pour la remorque porteuse comme pour la voiture. Bon ben, reste plus qu'à rentrer. La nouvelle masse et l'inconnue quant à l'équilibrage (vérifié quand même vers l'avant) demandent de la prudence. Après quelques essais de vitesse, un plafond à 80 Km/h semble sage. Sage oui, mais lent. Sur l'autoroute, on peut squatter la file de droite vu que personne n'est plus lent. Sur les nationales, on se fait quelques ennemis mais il y a plus lent.
La route de retour est donc longue, très longue. Après la pause de midi, la remorque du 2066 accélère et roule à allure normale et arrive plus tôt avec le NB. Quand la biremorque entre sur l'aérodrome, les appareils photos immortalisent l'évènement. Les mécanos se marrent. Et finalement le premier diagnostic contradictoire donne plus de chance de réparation que l'essieu de la verte qui a été bien ausculté dans la journée.
C'est vrai que comme l'équipe ne pouvait contenir que 8 personnes, il a fallu laisser du monde sur place. Et de toute façon il y a aussi des courses à faire, la salle à aménager, la remorque verte à entamer. Le programme est tout de même moins chargé et certains ont le temps de se mater un film ou de récupérer des photos d'un préservatif qui s'appelle Patrick. Rien de bien important.
Revenons à nos remorques superposées. Pour décharger sur l'aérodrome, c'est tout de même plus simple. Il suffit de mettre deux fois plus de monde, et la remorque se soulève. En arrière, en arrière, on latéralise et on avance et deux pas à droite, un pas en avant, changez de partenaire et on pose sur le trait. Facile. Il manquait la musique dommage. Non Maxime, pas toi.
C'est le moment de souffler. Pfiouh.
Pour la fin de journée, j'abrège. Le film est entamé. Ca commence par un essayage de costumes, puis un casting pour Obélix. Et après un repas confidentiel à vingt personnes hop, on tourne la première scène. C'est un jour américain. C'est à dire qu'on tourne de nuit et qu'on fait croire que c'est le jour. Comme dans Zorro, ou un truc comme ça.
Pas trop de détails sur le film, on ne va pas vous dévoiler l'intrigue. Mais sachez que nos deux héros gaulois se retrouvent au bar pour cette scène. Une scène facile donc, avec plein de volontaires pour la figuration.
Demain on vole. Enfin j'espère parce que les galères ça suffit, maintenant on veut gratter du caillou.

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